OPPENHEIMER

 Parce qu'il n'y a pas que de la merde au cinéma, la nouvelle bombe de Nolan arrive pour tout terrasser sur son passage. (Voyez comme je joue beaucoup avec mon sujet, je vais bientôt pouvoir écrire pour de vraies critiques de cinéma hihi).


 Plus sérieusement, qu'en est-il de ce film ?  Après avoir vu moult ridiculités, ça fait du bien de voir un bon film, mais est-il si bon ? Est-ce du Nolan pur jus ? Vaut-il le coup ?


  Oppenheimer, c'est avant tout le film le plus intimiste de Nolan, je me suis surpris à le redécouvrir tant il se détache de ses autres films (tout en gardant quand même les gènes Nolanien).

Trois heures de film, c'est pas rien, et "connaissant" le sujet (les bases quoi), je savais d'ores et déjà que ça allait être long, mais que voulez-vous, c'est un peu la course de "qui qui fera le plus long film" passant outre la qualité de ce dernier, MAIS, c'est pas n'importe qui derrière la caméra, puisqu'il s'agit de Christopher Nolan, et moi, Christopher Nolan, j'aime beaucoup ce qu'il fait ! (Oui, ça fait beaucoup de fois Christopher Nolan).

 Et comme je suis en plein dedans, commençons par les points négatifs.


"Hm, 'va pleuvoir d'la merde ..."

 Tout d'abord, gros point négatif, et comme dit, trois heures, c'est long, beaucoup trop long.
Non pas que le sujet soit inintéressant, loin de là, nous passons une bonne demi-heure sur des séquences qui s'enchaînent en alternant sujet scientifique avec tout son charabia, alors certes, ça crédibilise le sujet, mais des spectateurs comme moi qui sommes largués après deux décimales du nombre Pi, et des séquences très succinctes, presque épileptiques, d'étoiles mourantes et d'espace qui se déchire.

 Autant vous le dire tout de suite, pour se mettre dans le bain, j'ai connu des eaux plus accueillantes. Mais une fois qu'on y est ... Bah on y est quoi.

 Nous retrouvons la patte de Nolan, c'est à dire, complexifier une chose simple, pour rien. Chose qu'il récidive depuis Tenet, en soit, il n'y a rien de compliquer à comprendre le film, mais si la base est trop facile, Nolan et son super ordin... cerveau va rendre les choses plus dures à suivre, et c'est ainsi que l'on entrecroise le film de séquences en noir et blanc pour présenter le côté de Lewis Strauss, qui ne sert à rien d'autres qu'à ça, et de deux parties d'Oppenheimer, une où il était jeune, et une après l'essai de Trinity. Et rien que là, c'est le bordel.

 Les parties se suivent mais ne se répondent pas forcément, les personnages se suivent à la chaîne, et c'est difficile de suivre tout ça, entre les noms cités, les figures que l'on voit, le rythme, le changement de partie, les retours passés/présents/futurs, tout le blabla scientifique du début ... Pfiou, c'est beaucoup à ingurgiter.

 Ce qui me rappelle, et démontre, que Nolan aime son sujet, et c'est tant mieux, mais c'est un mauvais professeur, il ne sait pas partager sa passion. Tout comme avec Interstellar et ses trous noirs, Nolan veut se la jouer très scientifiques et être au plus près de la vérité, mais si il comprend (c'est très bien, et tant mieux) il ne parvient pas à expliquer.

 N'allez pas croire que je suis resté l'air abruti devant le film, avec la langue qui me sort du gosier et les yeux qui regardaient le sol, les paupières écarquillées, mais ayant le peu de connaissances quant à ce sujet, j'étais plus en train de froncer les sourcils pour essayer d'assimiler qui venait de dire quoi, à quel moment, et quand je venais de comprendre, nous étions passé à une autre séquence ... Autant dire que je perdais de l'enthousiasme à élucider des mystères.

 Mais est-ce que ça a suffit à me sortir du film ?

 Oh non, loin de là !

"Je renais tel un phénix !"

 Traitant d'un sujet important et grave, Oppenheimer prend maladroitement la main du spectateur mais va le rassurer petit à petit quand ce dernier comprendra les rouages de l'oeuvre (au bout d'une heure donc, ça va, il y a deux heures pour savourer, nous en sommes à un deux tiers de bons résultats, un bon ratio donc ... Merde je commence à parler scientifiquement ...).

 Le film nous présente Oppie comme un savant torturé (genre de personnage cher à Nolan) allant jusqu'à injecter du cyanure dans la pomme de son professeur par vengeance et, par culpabilité, s'empresse de vouloir la jeter. (No spoil, c'est le début du film, pas d'inquiétudes).

 Dès lors, nous savons qu'il est capable de créer une arme, et connaissant les conséquences, il préfère effacer ce qu'il vient de réaliser, et c'est pourquoi il est habile de nous présenter cela en début de film qui fera écho au dénouement, mais bon, encore une fois, Nolan n'est pas un manche.

 Ce qui est regrettable, et étonnant par ailleurs, c'est qu'il s'agira ici, de la seule allusion du personnage troublé quant à son travail, le film se portera plus sur un esprit politique et conjugale, c'est en quoi je disais qu'il s'agissait ici du film le plus intimiste de Nolan. Oppenheimer subit et construit les conséquences, mais son lui le plus profond n'est pas véritablement traité, seulement par moment, avec quelques moments très bref, mais c'est surtout dans l'interaction, notamment avec sa femme interprétée par Emily Blunt, qui est impeccable dans son rôle.

 Et en parlant de l'acting, c'est impressionnant. Tout le monde fait son taf' à fond, Florence Pugh démontre encore une fois son talent, Cillian Murphy est extra (pas surprenant) tant il arrive à sourire (ça c'est surprenant), Robert Downey Junior prouve qu'il peut faire autre chose que de jouer chez Marvel (et putain ça fait du bien), et le reste du cast est très bon, bien dirigé, et nous sommes contents. (Même si c'est dommage que certains acteurs soient là juste pour nous faire un bref coucou, sans être un caméo, car il n'y a pas la place pour ça dans ce genre de film si sérieux).

 Et si il y a une chose très importante qui accompagne le film tout du long, c'est la musique et les effets sonores. Alors, peut-être que ça n'est pas ça qui va sauver le film, mais je tiens les paris que les effets sonores gagneront les Oscars (même si je vous l'accorde que ce trophée ne représente plus grand chose ...). La musique, parfois un petit peu trop omniprésente, ne laissant par le spectateur respirer (ajoutons à cela les défauts cités plus hauts) reste magnifique et place Ludwig Göransson comme le futur Hans Zimmer, je vous l'annonce. En bref, c'est du presque parfait, et "presque" seulement pour titiller, puisque pour ne pas bouder mon plaisir, je m'écoute les OST du film depuis le visionnage. Paradoxal quand je dis que c'est un chouya trop dans le film ? Non, car ça accompagne parfaitement l'image, mais en trois heures, encore une fois, c'est un petit peu longuet, surtout quand le film te le fait ressentir.

 En bref, c'est du presque tout bon, Christopher Nolan sort un peu de son terrain (en y gardant un pied dans ce qu'il connait, faut pas déconner), les acteurs, les séquences, la musique, les effets sonores (séquence de largage de Trinity notamment, jamais les sièges de mon cinéma ont autant tremblés) sont tellement de bonnes choses que je ne peux vous recommander de voir ce film chaudement tant il fait du bien à ce milieu. 

 C'est un film intelligent, beau, et sincère, fait avec le coeur, et, même si ce n'est pas le meilleur, il est certain que ce film s'inscrira dans ceux qu'il faut avoir vu, pour tout ce qu'il traite, ce qu'il apporte, peut-être pas avec justesse, mais avec finesse.

De l'H2O suinte de mon organe de la vue droit tellement c'est beau putain

  

  



  

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